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Galerie Lligat Perpignan

Quelqu'un souffle sur mon cœur

Exposition collective
Du 4 décembre 2020 au 16 janvier 2021
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Naym BEN AMARA
Jérémy LOUVENCOURT
Muriel PERSIL
Œuvres sur papier et Céramique

04.12.2020 | 16.01.2021
Entrée Libre
14h à 19h
Du mercredi au samedi

Galerie Lligat
3 place André Grétry
66000 Perpignan
Et tous les jours sur rendez-vous
au 12 rue de la révolution française
66000 Perpignan
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Tensions géopolitiques, urgences climatiques et écologiques, nouveaux visages des extrémismes, crise sanitaire, etc. Nos quotidiens se sont obscurcis. L’art puise dans ces crises par le biais de la sincère dénonciation de quoi alimenter le gigantisme des manifestations culturelles.

Le ralentissement imposé par la pandémie et la mise à distance du productivisme exacerbé nous incite à poser un regard décentré vers des pratiques plus intimes où il est question de saisir le moi sans garantie* dans un trait, une ligne, un point, un modelage d’argile.

Il importe moins de paraphraser le monde et ses catastrophes que de côtoyer son opacité et d’en extraire des formes singulières, capables d’animer nos vies. Le temps est venu de transformer ce qui doit être formé / dans le four éteint, dans lequel / quelqu’un souffle sur mon cœur, / afin qu’il retrouve un peu de son ardeur**.

Les trois jeunes artistes réunis pour la nouvelle exposition de la Galerie Lligat développent une recherche où la forme est abordée comme un processus, un engendrement. L’expérience attentionnée, la répétition et la maîtrise du geste sont convoquées dans une transe graphique arborescente qui produit des signes sur le monde et agit poétiquement.

Tels nous apparaissent les dessins de Naym Ben AMARA dont l’élaboration met en tension la forme naissante qui se redéfinit « au fur et à̀ mesure que les traits sont déposés ou surgissent » avec l’attention de l’artiste. Ce sont aussi les dessins de Jérémy LOUVENCOURT qui cheminent avec les trames de parchemins et de papiers, parcourant intimement leur matière pour mieux conjurer la disparition des surfaces vibrantes dans un monde hyper numérisé. Ou encore, les céramiques de Muriel PERSIL qui puisent dans les mythes fondateurs pour faire proliférer formes et excroissances vitalistes dans une confrontation physique et intime avec la matière.

— Naym BEN AMARA, « Bruit n°38 », encre sur papier, 100X70cm, 2016. Détail.

* Ingeborg Bachmann, Leçons de Francfort, Problèmes de poésie contemporaine,
** Terra Nova, Ingeborg Bachmann [transformer ce qui doit être formé / dans le four éteint, dans lequel / quelqu’un souffle sur mon cœur, / afin qu’il retrouve un peu de son ardeur].

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